La terrasse de juillet : là où tout a vraiment commencé
- Marie-Nancy G.

- 29 mars
- 2 min de lecture
L’été dernier, le temps s’est arrêté.
C’était prévu, planifié avec la précision chirurgicale que mon métier m’impose. J’avais pris congé du 20 mai au 20 août. Pas pour des vacances, mais pour une mission de cœur : accompagner ma mère vers sa date officielle d'aide médicale à mourir, le 11 juin.
À 11h11 précises, elle nous a quittés, nous laissant cette heure miroir comme un dernier signe de paix.
J'ai passé trois semaines en Beauce, chez mes parents. Une semaine et demie avant, pour savourer chaque seconde. Une semaine et demie après, pour accompagner mon père dans le silence qui suit la tempête.
Puis, juillet est arrivé.
C’est là, assise sur notre terrasse, entre le deuil et le besoin viscéral de reconstruire, que le déclic s’est produit.
Ce déclic n'était pas le fruit du hasard.
En trois ans, la mort s'est invitée trois fois à notre table, emportant des piliers de nos vies. Entre le départ soudain de ma belle-mère le matin d'une veille de Noël, la perte tragique d'un ami proche et les adieux conscients à ma mère, j'ai fini par comprendre que l'on ne possède pas le temps ; on ne fait que l'emprunter.
Sous le soleil de juillet, face à cette évidence, j'ai réalisé que je ne voulais plus seulement analyser le monde tel qu'il est ; je voulais créer des mondes où je pouvais enfin laisser courir ma plume.
J'avais passé des années à analyser les faits, les preuves, la réalité brute. Mais ce jour-là, mon roman est né. Non pas d'une simple envie d'écrire, mais d'un besoin de vie, de création et de liberté, après avoir côtoyé l'essentiel.
P.S. Vous vous demandez pourquoi cette photo ? Ma mère m’a dit qu’elle se manifesterait sous la forme d’un papillon blanc. Depuis ce jour, j’ai l’impression qu’elle veille sur mon écriture. 🦋✨




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